21.04.2007

Bayrou président, Sarkozy premier ministre ?

François Bayrou, élu président sur un programme modéré, à même de travailler avec des gens de bonne volonté issus de tous les camps politiques, et de se gagner une majorité transpartisane. François Bayrou, futur réformateur du système politique français.

 

Faut-il rappeler aux électeurs que les élections présidentielles des 22 avril et 6 mai 2007 seront immédiatement suivies d'élections législatives ? Que celles-ci auront lieu sans réforme du mode de scrutin actuellement en vigueur (on peut le regretter légitimement, mais c'est ainsi) ? Et que la majorité qu'elles détermineront sera celle dont sera issu le gouvernement ? Or : "le gouvernement détermine la politique de la Nation" (article 20 de la Constitution).

Mettons que François Bayrou soit élu le 6 mai prochain. Plusieurs hypothèses sont possibles, mais toutes doivent tenir compte des faits rappelés ci-dessus. Son unique marge de manoeuvre résidant dans le choix de son premier ministre, dont le maintien après le 17 juin sera conditionné par le résultat des législatives. C'est pour cette raison que j'entreprends ce blog destiné à évaluer les chances de candidats UDF ou bayrou-istes dans des élections au suffrage uninominal à deux tours, dans 577 circonscriptions dont seules 25 connaissent aujourd'hui l'implantation forte d'un élu UDF.

En tout état de cause :

- Si Bayrou est élu face à Nicolas Sarkozy, il faut voir si sa stratégie "d'ouverture géante" peut fonctionner. Il faudrait que le PS se divise, or il dispose d'élus souvent bien implantés (150 environ)... Comme l'a prouvé l'élection de 2002 où la majorité d'entre eux a amélioré au premier tour son score de 1997, malgré le contexte (la perte des sièges étant souvent due à l'effondrement de leurs alliés et des reports de voix). A cause de ce facteur d'implantation locale, les législatives, dans le système électoral actuel, n'offrent pas la même plasticité du paysage politique que les présidentielles. Les élus locaux sont pris dans des réseaux de solidarité et d'alliance locaux, ont une base dans leur parti, des militants qui assurent leur campagne... Ils ne peuvent s'en affranchir. Cela vaut aussi pour l'UMP, qui a 370 sortants, eux aussi souvent bien implantés. Et qui ne laisseront pas leur place. Leurs challengers PS étant souvent des élus locaux connus, dont l'électorat ne désertera pas totalement pour laisser la place à l'UDF. Le succès de cette stratégie est plus qu'incertain.

Dans ce cas de figure, l'UDF croîtrait sans doute au détriment des deux autres, mais on conserverait probablement la configuration de l'Assemblée Nationale : majorité UMP, PS premier groupe d'opposition. Et donc, un gouvernement... UMP. Sarkozyste.

- Si Bayrou est élu face à Ségolène Royal, dans un scénario de type Giscard en 1974... La configuration gauche-droite sera classique, l'UDF reprenant du poids par rapport à l'UMP (actuellement environ 25 élus face à 370). Pour les mêmes raisons qu'indiquées ci-dessus, le rééquilibrage sera limité. Sous Giscard, jamais l'UDF n'a d'ailleurs rattrapé le RPR, même si en 74 comme en 81, Giscard était bien plus fort au premier tour que le candidat gaulliste.

Qui fut le premier Premier ministre de Giscard, sinon le gaulliste Jacques Chirac ? Et si un UDF, Raymond Barre, lui succéda ensuite, c'est bien car l'UDF et le RPR ont des identités historiquement et programmatiquement proches, la distinction résidant principalement dans la personnalité des leaders.

- Si Bayrou élu face à Jean-Marie Le Pen... Difficile de prévoir. J'envisage toutes les situations, mais je manque de repère pour analyse celle-ci. 

Un mot de méthodologie : je collecte les résultats des élections depuis près de 15 ans, je les croise entre divers type d'élections (exemple : le candidat aux lagislatives est-il maire, élu régional, a-t-il déjà été candidat...?), et j'essaie d'apprécier le poids des constantes et des personnalités (telle circonscription doté depuis toujours d'un élu RPR est-elle très à droite à d'autres élections, ou est-ce dû à une implantation personnelle très forte ?)

A titre d'exemple méthodologique, le blog où je mets en ligne mes travaux d'analyse : http://battleground.over-blog.org.

Martinique (PS 1 DVG 1 MIM 1 UMP 1)

4ème circonscription (Le François, Le Robert, Rivière-Salée, MIM) :

Circonscription votant à gauche de la moyenne nationale aux élections présidentielles.

Jusqu'en 1997, cette circonscripiton était le fief d'André Lesueur, membre du RPR. En 1997, un candidat indpendantiste, Alfred Marie-Jeanne, s'empara du siège avecv 64,1% des voix, bénéfiiant manifestement entre les deux tours de reports de voix de candidats de gauche et notamment du PPM. Dans le contexte de la dissolution, cette victoire parut pouvoir être interprétée en matropole comme associée à la victoire de la gauche. Pourtant, M.Marie-Jeanne, qui devait l'année suivante devenir président du Conseil Régional à la tête du Mouvement Indépendantiste Martiniquais, s'il dispose de relais syndicaux, n'est pas ce qu'on pourrait appeler un progressiste. En 2002, MM Marie-Jeanne et M.Lesueur reculèrent tous les deux au premier tour, mais la division des voix de gauche quasiment à égalité entre deux candidats fit qu'ils se retrouvèrent au second tour. M.Marie-Jeanna gagna par une marge bien plus étroite que 5 ans auparavant : 51,2%. Depuis, il a été clairement confirmé à la tête de la région, en 2004, progressant otablement en voix et acquérant une majorité absolue de sièges grâce au nouveau mode de scrutin. Pour 2007, il retrouvera son adversaire André Lesueur de l'UMP. Le PS n'a pas eencore de candidat officiel, la difficulté étant de savoir si le futur investi représentera cette fois une gauche plus unie.

L'UDF ? Kesako ?



Pour mémoire, législatives 2002 (premier tour, département) :
I 266670 ; V 87799 : E 83602
Gauches 41311 = 49,41% (dont candidats soutenus par le PS 14,62%, PPM 9,89%, Verts hors soutien PS 0,84%) ; Droites 29312 = 35,06% (dont candidats soutenus par l'UMP 33,28%) ; Indépendantistes 11829 = 14,15% (dont MIM 12,79%) ; Extrême droite 540 = 0,65% ; Extrême gauche 440 = 0,53% ; Divers 170 = 0,20%

20.04.2007

Ariège (sortants PS 2)

2ème circonscription (Pamiers, Saint-Girons, PS) :

Circonscription très à gauche de la moyenne nationale.

Dans une Ariège record de France pour la gauche et le PS, la seconde circonscription n'a fait défaut au premier parti de gauche qu'en 1993, avec la victoire surprise de l'UDF André Trigano, maire de Pamiers. En 1997, la logique politique locale a repris ses droits, le PS Henri Nayrou devançant de 10 points le sortant au prmeir tour (37,4%) et s'imposant avec un score de 60,8% au second. L'actuel député, également maire de La Bastide-du-Serrou, a confirmé en 2002, en élargissant sa marge avec une victoire à 61,8% face au candidat UMP. Au premier tour, H. Nayrou avait également améliroé le score du PS avec 39,2% des voix. C'est dire à quel point le PS et son sortant se sentent peu inquiétés en 2007. L'UMP avance cette fois la candidature de Jacqueline Rouge, pour un combat très difficile.

La division de la droite a déjà été tenté par M.Trigano en 2002 contre le candidat UMP. En divisant par deux les chances de faire poids face au sortant. Trop beau pour le PS !!

Pour mémoire, législatives 2002 (premier tour, département) :

I 109246 ; V 75312 ; E 72987

Gauche parlementaire 36872 = 50,51% (dont candidats soutenus par le PS 41,15%, PCF 5,94%, Verts hors soutien PS 3,42%) ; Droite parlementaire 18897 = 25,89% (dont candidats soutenus par l'UMP 16,40%, UDF hors soutien UMP 7,71%) ; Extrême droite 6792 = 9,30% ; Chasseurs 4996 = 6,85% ; Extrême gauche 2532 = 3,47% ; Divers 2314 = 3,17% ; Ecologistes divers 584 = 0,80%.

Haute-Garonne (sortants PS 6 UMP 2)

1ère circonscription (Toulouse I, IV, V, VII, UMP) :

 

Circonscription proche de la moyenne nationale.

 

Cette circonscription est historiquement celle de Dominique Baudis, laissée en héritage à Philippe Douste-Blazy en 2002 après la transition au Capitole. Dominique Baudis a longtemps été un habitué des victoires au premier tour, face à un PS atone malgré ses scores très corrects aux autres élections. Ainsi, en 1993 il avait obtenu 52,7% au premier tour (PS 19%). Lors d'une partielle, après son élection au Parlement Européen, son remplaçant Jean-Claude Paix obtint 50,6% en 1994 (PS 26,3%). 1997 marque le début d'un changement, puisque D.Bauds tombe à 41,3% au premier tour, la Verte Marie-Françoise Mendez, soutenue par le PS, faisant 27,3%. D.Baudis est réélu au second tour avec 53,5%, soit son score habituel... au permier tour. En 2001, Philippe Douste-Blazy préserve pour l'UDF et le centrisme la mairie, subissant un ballottage, contrairement aux élections précédentes, mais s'imposant avec 55% des voix. En revanche, les législativse de 2002 sont inquiétantes pour lui. Le premier tour est une rééditoon quasi-exacte de 1997 : 41,4% pour le centriste passé à l'UMP, 28,2% pour Philippe Labeyrie, Vert soutenu par le PS. Au second tour, le résultat est extrêmement serré, pour la toute première fois ici : avec 50,8% contre 49,2% pour la gauche, P.Douste-Blazy est même au dessous du score présidentiel de Jacques Chirac en 1995. En 2007, l'UMP réinvestit le cataclysmique ministre des affaires étrangères. Le PS a cette fois décidé de reprendre la main, et sa candidate s'appelle Catherine Lemorton, pharmacienne dans le centre ville, accompagnée d'un suppléant conseiller régional et ancien membre du Conseil Economique et Social, Joël Carreiras.

 

La lutte sera chaude. L'UDF ferait-elle payer la trahison de Douste-Blazy en 2002 en divisant le droite ? Un coup à mettre le PS en tête au premier tour avec une option sur la victoire.

 

4ème circonscription (Toulouse II, III, XI, UMP) :

 

Circonscription un peu à gauche de la moyenne nationale.

 

Le député sortant, Jean Diebold, est le seul candidat de droite à avoir réussi à reprendre une circonscription à la gauche en 2002. Il s'est imposé avec seulement 50,9% des voix face à la députée de 1997, la PS Yvette Benayoun-Nakache, elle-même élue à l'époque avec seulement 50,4%. Jean Diebold est également implanté au conseil municipal de Toulouse. Face à lui, le PS a tardé à désigner une candidate, qui ne sera pas l'ancienne députée. Cependant, celle-ci avait plus que stabilisé le niveau électoral socialiste, progressant de 4 points au premier tour, à 34% en 2002. Et ce département est un fief du PS lors des élections nationales. La mairie de Toulouse a été un fief centriste avec Dominique Baudis, ce n'est plus le cas depuis le ralliement de Philippe Douste-Blazy à l'UMP et à Nicolas Sarkozy. Dans ces conditions, droite et centre traversent des moments de division délicats.

L'UDF n'a pas vraiment les moyens de faire face au sortant UM, et le PS peut difficilement être éliminé dans ce département.

5ème circonscription (Toulouse 13, 14, Fronton, PS) :

Circonscription très nettement à gauche.

Le PS n'a perdu cette circonscription qu'une fois, en 1993, face au RPR Grégoire Carneiro. Une nouvelle députée socialiste a été élue en 1997 avec 60% des voix : Françoise Imbert, également conseillère régionale. En 2002, Mme Imbert a été facilement réélue malgré le contexte délicat, avec près de 57% des voix, et en améliorant le socle PS de premier tour de 35,9% à 38,7%. C'est donc une élue solidement implantée qui sera défiée par le candidat UMP, qui n'est autre, contrairement à ce qui s'était passé en 2002, que Grégoire Carneiro, l'ancien député de 1993 ! Quant à l'UDF, elle avait déjà en 2002 présenté un candidat indépendant, qui avait contribué à diviser et affaiblir la droite en lui retirant environ 8% des voix.

 L'UDF... Pas les moyens de faire face !

Pour mémoire, législatives 2002 (premier tour, département) :

I 713482 ; V 494507 ; E 483879

Gauche parlementaire 219928 = 45,45% (dont candidats soutenus par le PS 37,15%, Verts hors soutien PS 3,25%, PCF 2,98%) ; Droite parlementaire 171351 = 35,41% (dont candidats soutenus par l'UMP 30,75%, UDF hors soutien UMP 2,98%) ; Extrême droite 52810 = 10,92% ; Extrême gauche 16763 = 3,46% ; Chasseurs 10516 = 2,17% ; Ecologistes divers 8971 = 1,85% ; Divers 3540 = 0,73%.

Gard (sortants PS 1 UMP 4)

1ère circonscription (Nîmes, UMP) : 

Circonscription à droite de la moyenne nationale.

Le titulaire de cette circonscription est traditionnellement le maire de Nîmes, ce qui implique depuis maintenant plus de 10 ans des changements fréquents ! Celui qui a été élu pour la dernière fois en 1993 était le maire UDF Jean Bousquet, qui obtint cette réélection en duel contre le FN avant d'être rattrapé par les affaires. En 1995, au terme d'une élection municipale quadrangulaire très confuse, le PCF reprend la ville avec Alain Clary, et seulement 35,5% dse voix. Dans la foulée, 1997 voit l'élection du nouveau maire à l'Assemblée Nationale, dans un contexte de triangulaire : Alain Clary fait 41,2% des voix contre 40,5% à Yvon Lachaud, candidat UDF centriste, et 18,3% au FN qui perd tout de même plus de 7 points entre les deux tours au profit de la droite après avoir failli être en tête au premier tour. En 2001, la droite, étant désormais unie derrière Yvon Lachaud, reprend logiquement la mairie, même si la gestion de la municipalité PCF-PS, appréciée, lui a permis de passer en 6 ans de 35,5% à 45% des voix. L'élection législative de 2002, à laquelle se rajoute le contexte national, confirme cette tendance : Yvon Lachaud, qui adhère pour l'occasion à l'UMP en abandonnant François Bayrou, reprend le siège pour la droite avec 56,9% des voix face à Alain Clary, soutenu dès le premier tour par le PS, qui augmente cependant de 2 points son score de second tour à 43,1%. En 2007, l'UMP présente Franck Proust, deuxième adjoint d'Yvon Lachaud et conseiller général. Le PS a cette fois une candidate, Françoise Dumas. Alain Clary n'a pas disparu de la scène politique locale, gagnant pour la gauche le canton de Nîmes-3 aux élections cantonales de 2004. Et le FN, jamais loin de 20% (son élimination en 2002 est due à une moindre participation) guette.

Tout est possible. Même l'élimination de la droite en cas de division due à l'UDF.

3ème circonscription (Villeneuve-lès-Avignon, Bagnols-sur-Cèze, UMP) :

Circonscription proche de la moyenne nationale.

Cette circonscription, qui bascule facilement, est proche de la moyenne nationale en terme de rapport droite-gauche, mais avec une forte implantation FN. Il s'agit typiquement d'un lieu propice aux triangulaires. En 2002, l'UMP Jean-Marc Roubaud l'a emporté avec 43,9%, contre 37,7% au socialiste sortant, Gérard Revol. En 1997, le second avait gagné avec 43,8%, contre 40,2%. Le FN, dans les deux cas, avait dépassé 20% au premier tour, avant de s'effriter légèrement au second tour en faveur de la droite. Le député sortant UMP se représente cette année, maire de Villeneuve-lès-Avignon et implanté dans la partie gardoise de l'agglomération d'Avignon, a une assise certaine. Le PS présente cete année Alexandre Pissas, maire de la petite commune rurale de Tresques et vice-président de la communauté de commune du Val de Tave. Il essaiera de repartir d'un socle électoral PS consolidé en 2002 à 25% (contre 22,4% en 1997), dans un département où le PCF a longtemps été très présent. Un glissement de la gauche sera donc difficile, alors que l'UMP avait déjà contré une offensive de l'UDF en 1997.

En tout état de cause, si un tiers parti bayrou-iste réussissait à diviser les voix d'un des deux camps, c'est surtout le FN qui pourrait se retrouver en duel contre la droite ou la gauche.

Pour mémoire, législatives 2002 (premier tour, département) :

I 447000 ; V 292457 ; E 285518

Droite parlementaire 105236 = 36,85% (dont candidats soutenus par l'UMP 28,33%, UDF hors soutien UMP 3,73%) ; Gauche parlementaire 100081 = 35,05% (dont candidats soutenus par le PS 22,43%, PCF 8,78%, Verts hors soutien PS 1,20%) ; Extrême droite 56348 = 19,74% ; Chasseurs 8438 = 2,96% ; Extrême gauche 7581 = 2,66% ; Ecologistes divers 6525 = 2,29% ; Divers 1309 = 0,46%.

Hauts-de-Seine (sortants PCF 3 UDF 1 UMP 9)

4ème circonscription (Nanterre, PCF) :

 

Circosncription un peu à gauche de la moyenne nationale.

 

Il s'agit du seul siège de député que la gauche avait pu reprendre à la droite lors de la vague "rose" de 1997, portant le nombre de ses élus à 3 sur 13. Avec la particularité de n'être représentée que par des élus du PCF, bénéficiant d'un électorat encore localement marqué par le phénomène de la "ceinture rouge"... Même si en moyenne, le PS domine largement l'électorat de gauche des Hauts-de-Seine. L'élue de 1997 est celle qui était maire de Nanterre de 1988 à 2004, Jacqueline Fraysse, qui obtint 25,9% au premier tour et 53,2% au second tour. En 2002, elle consolida (fait très rare) le socle électoral communiste avec 26,2%, et fut réélue par 50,8% des voix au second tour. Depuis 1993, le PS maintien un électorat d'environ 16% des voix, inférieur à son potentiel lors d'autres élections. Sa candidate en 2007, Marie-Laure Meyer, deuxième adjointe au maire de Nanterre (Patrick Jarry, membre du PCF comme Mme Fraysse), aura fort à faire pour devancer la sortante, même si celle-ci peut être embarrassée par son positionnement complexe : Jacqueline Fraysse a en effet accordé son parrainage à José Bové lors de la recherche des 500 signatures, tout en faisant campagne pour Marie-George Buffet à la présidentielle. Quoi qu'il en soit, la gauche est représentée par deux candidates bien implantées, et dispose d'un électorat en grande partie éloigné du centre. L'UMP est représentée par Patrick Dupuy, vice-président du Conseil Général tenu par Nicolas Sarkozy, maire de la ville de Suresnes, et déjà député de 1993 à 1997. Lui aussi a donc la notoriété suffisante pour limiter les effets d'une concurrence UDF.

 

L'UDF, pas de marge.

 

5ème circonscription (Clichy, Levallois, UMP) :

 

Circonscription nettement à droite de la moyenne nationale.

 

Cette circonscription est le fief du maier de Levallois-Perret, Patrick Balkany. Celui-ci, élu en 1988 et 1993, a été empêché de se représenter par la suite, du fait de condamnations judiciaires, et a cédé la place en 1997 à Olivier de Chazeaux, également membre du RPR, à la mairie de Levallois comme à l'Assemblée Nationale. A cette occasion, le gauche, représentée par l'ancienne ministre Catherine Lalumière, avait réalisé son meilleur score, avec 48,7% au second tour (23,1% pour la candidate radicale soutenue par le PS au premier tour). En 2002, Patrick Balkany a effectué son retour, en dissident face à son successeur. Le maire de Clichy, le PS Gilles Catoire, a représenté son parti avec un score quasi inchangé de 22,5% au premier tour. Au second tour, ces trois protagonistes dotés chacun d'une réelle légitimité locale ont fait quasiment jeu égal. Balkany a gagné avec 34,5% des voix, devant le PS (32,8%) et le candidat UMP officiel (32,7%). Depuis, l'UMP et Nicolas Sarkozy ont fait leur choix : celui de l'ancien condamné et champion toutes catégories des caméras de surveillance : P.Balkany. La dissidence à droite est possible, celle d'un bayrou-isme de l'ultra-centre, absent jusqu'ici, sera plus difficile à enraciner. Le PS a de nouveau investi le maire de Clichy, G.Catoire, soutien affirmé de Ségolène Royal.

 

Les protagonistes importants sont déjà connus, et suffisamment ancrés pour ne pas être remis en cause dans leur fonction d'acteurs principaux.

 

6ème circonscription (Neuilly-sur-Seine, Puteaux, UMP) :

 

Circonscription totalement à droite (en 1995 le match Chirac-Jospin s'est soldé par un score de 76,4% contre 23,6%).

 

Le moins que l'on puisse dire est que le candidat officiel de la droite dans la 6ème ds Hauts-de-Seine n'est pas celui qui prendra le plus de risque lors des élections législatives. Nicolas Sarkozy a longtemps été ce candidat, et, à en juger par le site de l'UMP, il s'en réserve encore la possibilité en cas d'échec de sa candidature à l'élection présidentielle : aucun candidat n'a encore été désigné à sa place, contrairement à ce qu'a décidé Ségolène Royal dans sa circonscription des Deux-Sèvres. L'histoire électorale n'est ici qu'une longue succession de victoires au premier tour, dont les dernières en date sont celles de 1993 avec 64,9% (numéro deux le FN avec 12%), de 1997 (56,2% avec 13,9% à la numéro 2, du PS) et de 2002 avec 68,8% (13% à la numéro 2, PS). On voit à quel point le concept d'opposition est limité ici. Encore les candidats de gauche ne doivent-ils d'atteindre 10% qu'à la partie de la circonscription qui se trouve sur la commune de Puteaux.

 

L'UDF ? La dernière dissidence constatée remonte bien avant mes connaissances sur la question. Et sans espoir.

 

10ème circonscription (Issy-les-Moulineaux, Vanves, UDF) :

 

Circonscription à droite de la moyenne nationale.

Dans le département de Nicolas Sarkozy, il s'agit du seul sortant UDF, qui a également été tête de liste de ce parti aux régionales de 2004, avec, déjà, un certain succès : 16% contre 24% à l'UMP au premier tour. Santini, connu pour son humour, est également le maire d'Issy-les-Moulineaux depuis 1983. Dans ce département très à droite, le "centriste" maire d'Issy détient une circonscription "sûre" mais où la gauche impose cependant sans trop de difficulté un ballottage. Ainsi, le PS a atteint 40,4% au second tour en 2002. Sa candidate, Lucile Schmid, avait également amélioré le socle de premier tour de son parti, avec 26,2% (23,9% en 1997). Lucile Schmid a été réinvestie par le PS en 2007, elle est également conseillère régionale depuis 2004. Elle s'appuie sur une plus forte implantation socialiste dans la commune de Vances, dirigée par le PS entre 1995 et 2001, et dont l'ancien maire est encore conseiller général.

Le candidat UDF est un sortant favori. Reste... Qu'il a annoncé son ralliement à Nicolas Sarkozy et qu'il est aussi de fait candidat UMP, puisque ce parti ne présente personne !

Pour mémoire, législatives 2002 (premier tour, département) :

I 824280 ; V 552342 ; E 546093

Droite parlementaire 289188 = 52,96% (dont candidats soutenus par l'UMP 40,72%, UDF hors soutien UMP 4,73%) ; Gauche parlementaire 182314 = 33,38% (dont candidats soutenus par le PS 22,19%, PCF 7,12%, Verts hors soutien PS 2,53%) ; Extrême droite 44740 = 8,20% ; Divers 10080 = 1,85% ; Extrême gauche 9995 = 1,83% ; Ecologistes divers 9726 = 1,78% ; Chasseurs 50 = 0,01%.

Seine-et-Marne (sortants UMP 7)

1ère circonscription (Melun-sud, Savigny-le-Temple, UMP) :

 

Circonscription un peu à droite de la moyenne nationale.

 

La gauche n'a pas réussi à prendre ce siège, depuis qu'il a été découpé avant les élections de 1988. Le sortant Jean-Claude Mignon, maire de Dammarie-les-Lys et président de la communauté d'agglomération Melun-Val-de-Seine, paraît solidement ancré, voire innamovible. Malgré tout, la gauche réussit systématiquement à être présente au second tour, même en 1993 quand le PS avait été réduit au score de 15% des voix. En 1997, le PS, représenté par le conseiller général et maire de Savigny, Jean-Louis Mouton, était remonté à 23,9% au premier tour, et à 45,9% au second. En 2002, il avait laissé les Verts représenter la gauche, avec une perte de voix réelle au second tour (40,4%), mais une consolidation nette du socle PS/Verts au premier tour : 28,9%. C'est dire que l'élimination de la gauche est difficilement imaginable. En 2007, le PS réserve de nouveau la circonscription à ses alliés. Le candidat Vert de 2002, Jean-Marc Brûlé, désormais aussi conseiller régional depuis 2004, et président de la Commission du développement économique du Conseil Régional, pourrait en bénéficier, en repartant avec une meilleure notoriété qu'il y a 5 ans.

 

L'UDF ? Où ça ?

 

5ème circonscription (Meaux-sud, UMP) :

 

Circonscription nettement à droite de la moyenne nationale.

 

L'élu de cette circonscription est un membre du gouvernement, Guy Drut, qui a été également maire de la ville de Coulommiers. Cette année, l'UMP a investi un nouveau candidat, Drut ne se représentant pas : il s'agit de Franck Riester, maire-adjoint de Coulommiers. En face, le PS a investi Marie Richard, déjà candidate en 1997 et en 2002. Marie Richard est vice-présidente du Conseil Régional d'Ile-de-France et maire de la Ferté-sous-Jouarre. Lors de ses deux précédentes candidatures, elle a stabilisé le score de la gauche aux alentours de 40% au second tour, et augmenté le socle du PS jusqu'à 27% au premier tour. Malgré le renouvellement à droite, c'est donc une élection pour laquelle les deux candidats principaux sont ancrés localement.

L'UDF, qui a relativement peu d'élus locaux en Ile-de-France depuis l'ère Chirac, aura du mal à troubler ce jeu.

9ème circonscription (Brie-Comte-Robert, Pontault-Combault, UMP) :

Circonscription légèrement à droite de la moyenne nationale.

Comme une partie des circonscriptions de Seine-et-Marne, la 9ème est de celles qui alternent en fonction du contexte national. Son titulaire actuel est le maire UMP de Combs-la-Ville, Guy Geoffroy, élu pour la première fois en 2002 avec 52,7% des voix. Il est réinvesti par l'UMP. Par contraste, son adversaire PS Jacques Heuclin a le mérite d'une présence plus durable sur le terrain législatif. Déjà député de 1988 à 1993 et de 1997 à 2002, il est le maire de Pontault-Combault, la première commune de la circonscription. En 1997, il avait réalisé 52,6% des voix, et son échec de 2002 au second tour ne l'a pas empêché de consolider son socle de premier tour en passant en 5 ans de 30,7% à 33,4%. L'élection de 2007 verra donc s'oppose deux édiles solidement ancrés sur leur base territoriale.

A l'UDF, il n'y a pas de profil pour rivaliser.

Pour mémoire, législatives 2002 (premier tour, département) :

I 724779 ; V 457290 ; E 449308

Droite parlementaire 204417 = 45,50% (dont candidats soutenus par l'UMP 39,89%, UDF hors soutien UMP 3,56%) ; Gauche parlementaire 153137 = 34,08% (dont candidats soutenus par le PS 27,12%, PCF 2,96%, Verts hors soutien PS 1,60%) ; Extrême droite 67024 = 14,92% ; Extrême gauche 13200 = 2,94% ; Ecologistes divers 6024 = 1,34% ; Chasseurs 3381 = 0,75% ; Divers 2125 = 0,47%.

Meuse (sortants PS 2)

1ère circonscription (Bar-le-Duc, PS) :

 

Circonscription proche de la moyenne nationale.

 

Cette circonscription a longtemps été le fief de Gérard Longuet. rattrapé par les affaires, celui-ci s'est incliné en 1997 face au maire de Commercy, le socialiste François Dosé, élu avec 52,8% dse voix. En 2002, la division de la droite et l'ancrage du sortant ont permis à cette circonscription, qui n'avait jamais eu de député de gauche avant 1997, de donner un résultat inédit : la réélection de François Dosé avec un score supérieur à celui de son succès obtenu après la dissolution : 53,3%. Pour comparaison, en 1993, le candidat de droite avait été élu au premier tour du scrutin, avec seulement 17% à son challenger PS. En 2007, François Dosé laisse la place à Thibaut Villemin pour le PS, premier secrétaire fédéral du PS dans le Meuse, vice-président du Conseil Général de Lorraine, proche de Dominique Strauss-Kahn. De son côté, l'UMP, pour reprendre le siège de M.Longuet, présente Bertrand Pancher, ancien membre de l'UDF jusqu'en 2002, maire de Bar-le-Duc entre 1995 et 2001.

 

L'UDF ? Mais dans quel espace politique ???

Pour mémoire, législatives 2002 (premier tour, département) :

I 139472 ; V 87936 ; E 85870

Droite parlementaire 36408 = 42,40% (dont candidats soutenus par l'UMP 24,73%) ; Gauche parlementaire 34516 = 40,19% (dont candidats soutenus par le PS 33,87%, Verts hors soutien PS 2,32%, PCF 1,75%) ; Extrême droite 12180 = 14,18% ; Extrême gauche 1656 = 1,93% ; Ecologistes divers 808 = 0,94% ; Divers 302 = 0,35%.

19.04.2007

Morbihan (sortants PS 1 UMP 5)

1ère circonscription (Vannes, UMP) :

 

Circonscription à droite de la moyenne nationale.

 

Le député de cette circonscription n'est autre que François Goulard, actuelministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche, membre de l'UMP et soutien de François Bayrou. Il est bon de rappeler, outre son bilan unanimement critiqué par le monde de la recherche, que son parachutage à Vannes a été le fait de son prédécesseur, élu de la circonscription jusqu'en 1997, Raymond Marcellin, ancien ministre de l'intérieur de 1968 à 1974, homme de droite bon teint à l'origine des écoutes téléphoniques du Canard Enchaîné en 1973.

 

Pour sa première élection, en 1997, F.Goulard distance de peu Pierre Pavec, l'actuel maire UDF de Vannes, lors d'une primaire à droite. Le PS, qui atteint 26% au premier tour avec sa candidate Micheline Rakotonirina, impose un second tour que F. Goulard gagne avec 55%. En 2002, le contexte national permet à F.Goulard, élu de justesse maire de Vannes en 2001 (50,1%), d'élargir sa marge, en étant réélu par 58% contre 42%. Hervé Pellois, le candidat PS, installe cependant le socle de premier tour du PS sur un niveau élevé conforme à sa moyenne bretonne : 31,7%. Entre temps, Hervé Pellois avait conquis en 2001 le canton de Vannes-est. Il est par ailleurs maire de la commune périphérique de Saint-Avé.

 

Pour 2007, ces deux candidats se retrouveront, droite contre gauche, face à face. L'UDF est sûre d'avoir son candidat. C'est par définition celui de l'UMP.

 

6ème circonscription (Hennebont, UMP) :

 

Circonscription un peu plus à gauche que la moyenne nationale.

 

Malgré l'orientation qu'elle exprime lors des élections présidentielles ou locales, cette circoncription n'a plus eu de député de gauche depuis 1993. A l'époque, le PS, très affaibli, avait été éliminé du second tour par le divers droite Jacques Le Nay, qui s'était imposé en récupérant au second tour une partie de l'électorat centriste face au RPR. Jacques Le Nay est également maire de Plouay. En 1997, J. Le Nay avait contré de justesse la vague rose. Le PS était remonté, avec Jean-Pierre Bageot, à 27% au premier tour, et à 49,4% au second, dans une zone où la force du PCF était encore importante (plus de 11%). L'assise du député sortant, désormais étiqueté UMP, lui avait permis de rasembler la droite dès le premier tour, et d'être élu avec 50,6% en 2002, en profitant du contexte national. Cependant, le candidat PS avait consolidé son socle de premier tour avec 28,7%. C'est dire que la gauche, dans une circonscription où le PCF est localement fort comme à Hennebont, ne sera pas facilement éliminable, d'autant plus que Jean-Pierre Bageot, maire d'Inzinzac-Lochrist, désormais plus connu, est de nouveau candidat du PS.

 

L'UDF voudrait reproduire le coup de Le Nay en 1993... Mais Le Nay est encore là !

Pour mémoire, législatives 2002 (premier tour, département) :

I 500164 ; V 337962 ; E 332012

Droite parlementaire 166151 = 50,04% (dont candidats soutenus par l'UMP 39,15%, UDF hors soutien UMP 7,25%) ; Gauche parlementaire 122711 = 36,96% (dont candidats soutenus par le PS 29,03%, PCF 4,61%, Verts hors soutien PS 2,70%) ; Extrême droite 25626 = 7,72% ; Extrême gauche 7784 = 2,34% ; Divers 5156 = 1,55% ; Ecologistes divers 2481 = 0,75% ; Chasseurs 2103 = 0,63%.

Pyrénées-Atlantiques (PS 2 UDF 2 UMP 2)

1ère circonscription (Pau centre, nord, ouest, PS) :

Circonscription proche de la moyenne nationale.

Balayé en 1993, le PS a ici vaillamment résisté en 2002. La sortante, Martine Lignières-Cassou, a été élue pour la première fois en 1997 avec 52,9% des voix face au RPR Jean Gougy. En 2002, elle a fait partie du petit nombre d'élus de gauche à améliorer leur score, avec 53,1%. Au premier tour, elle avait largement consolidé la base électorale du PS, avec 38,4% contre 33,7% cinq ans plus tôt. Mme Lignières-Cassou, adjointe au maire de Pau André Labarrère de 1989 à 2006, est encore aujourd'hui conseillère municipale, après avoir été une des prétendantes à la succession du maire décédé. Elle est donc capable d'assumer la légitimité de l'équipe municipale en place depuis 1971. Face à elle, l'UMP a investi Bernard Layre, pour sa première candidature. B.Layre est un ancien président, au niveau national, du syndicat des Jeunes Agriculteurs. Il n'est donc pas un anonyme, même si cette circonscription est très majoritairement urbaine.

Même dans le département de François Bayrou, l'UDF peut-elle s'imposer au second tour à la place d'un des grands candidats implantés ?

2ème circonscription (Pau-est, sud, Nay-Bourdettes, UDF) :

Circonscription un peu à droite de la moyenne nationale.

Le fief de François Bayrou !!!!

Ici, la gauche n'a pu avoir de député depuis le dernier découpage électoral de 1988. En revanche, le PS est toujours resté au dessus de ses moyennes nationales face à un François Bayrou qui n'a jamais été élu au premier tour, ni jamais franchement dépassé le potentiel électoral de la droite. En 1993, F.Bayrou réalise son meilleur score au premier tour avec 46,5%, le maire socialiste de Beuste, Georges Labazée, également conseiller général, étant encore à 23%, nettement au dessus du score national de son parti. En 1997, François Bayrou a même frôle la défaite. Avec 39,6% contre 32,7% à G.Labazée au premier tour, il n'est réélu que par 50,9% contre 49,1% au second tour. La gauche est 3 points au dessus du score de Lionel Jospin en 1995 (au niveau national, elle n'est qu'à 1,5% au dessus en moyenne). Le contexte électoral de 2002 redonne de l'oxygène au candidat UDF qui incarne toujours la droite seule, puisque l'UMP ne lui a opposé personne. Avec 41,8% au premier tour, il devance un peu plus largement G.Labazée, relativement stable à 31,4%. Le second tour offre 55% des voix à F.Bayrou.

En 2007, une fois de plus, François Bayrou est pour le moment le seul candidat... de la droite, sans rival UMP déclaré à cette heure. Le PS a changé de candidat en investissant Marie-Pierre Cabanne, conseillère régionale. Elle a pour suppléant un membre de la majorité municipale de Pau, Philippe Joachim.

 Alors l'UDF, et son chef ? Encore une fois, candidat (seul et unique) de la DROITE.

Pour mémoire, législatives 2002 (premier tour, département) :

I 453581 ; V 308495 ; E 301335

Droite parlementaire 134265 = 44,56% (dont candidats soutenus par l'UMP 35,44%, UDF hors soutien UMP 6,10%) ; Gauche parlementaire 113474 = 37,65% (dont candidats soutenus par le PS 30,73%, Verts hors soutien PS 3,43%, PCF 3,31%) ; Extrême droite 19476 = 6,46% ; Chasseurs 16264 = 5,40% ; Ecologistes divers 7656 = 2,54% ; Extrême gauche 6897 = 2,29% ; Divers 3303 = 1,10%.